Côte d’Ivoire : et si Yasmina Ouégnin était candidate à la présidentielle de 2020 ?

Candidate indépendante, sa victoire à l’élection législative de 2016 fut l’une des plus brillantes et emblématiques. Yasmina Ouégnin, largement élue députée de la nation, représentant la circonscription de Cocody, fait désormais partie de cette jeune vague de politiciens qui se préparent à assurer la relève des aînés. Elle est récemment écartée de sa formation politique, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire, (Pdci) ? La voilà depuis le 1er février 2017, présidente d’un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale, appelée « Vox Populi », qui veut dire en latin, « La voix du peuple ».Vox Populi ou la voix du peuple.

Selon cette élue ambitieuse, pleine de talents et profondément marquée par le goût de la politique, Vox populi est un regroupement de « députés libres, engagés, passionnément attachés à la République de Côte d’Ivoire ». En choisissant de faire appeler son groupe parlementaire, « la voix du peuple », Yasmina Ouégnin affirme habilement sa légitimité tenue de très haute lutte du peuple. Et cette force que lui a donnée le peuple, à un moment décisif de sa jeune carrière politique fait désormais d’elle, l’égérie de la relève politique en Côte d’Ivoire.

Ses atouts sont nombreux et pas des moindres. C’est une femme. Jeune, audacieuse, intelligente et pragmatique qui apprend très vite et sait s’adapter aux réalités parfois contradictoires du monde politique. Elle est la fille de l’ancien directeur du protocole du Président Félix Houphouët Boigny, l’ambassadeur Georges Ouégnin. Pendant le règne du père de la nation ivoirienne, celui-ci était considéré à tort ou à raison comme l’homme le plus influent du pays et même de la sous-région, après le « Vieux ».

On parle toujours de lui, comme un homme d’une influence relationnelle considérable et redoutable. Son carnet d’adresses s’étend à travers le monde entier, tant dans les sphères politiques, économiques, diplomatiques, sécuritaires que dans les affaires. C’est dire à quel point, l’homme est puissant. Qui mieux que lui, peut conseiller sagement et efficacement sa propre fille qui a su séduire au-delà des militants et sympathisants houphouétistes.

Une éventuelle candidature à l’élection présidentielle en 2020

Avec les membres de son groupe parlementaire, elle souhaite désormais révolutionner les habitudes au parlement et se positionner en véritable force d’opposition à l’exécutif. Pour la démocratie dans notre pays, c’est une excellente initiative. Il faut que le parlement ivoirien devienne enfin, un lieu de véritables échanges et débats entre les différentes forces politiques, mais aussi de consensus. Yasmina et son groupe veulent jouer leur rôle « d’interface entre le peuple et l’exécutif ».

C’est ce qu’on attend de nos élus dans cette jeune démocratie qui se construit progressivement, notamment des actions qui mettent le peuple au cœur de l’action politique. Un député est un représentant du peuple, qui agit au nom du peuple, pour le peuple et dans l’intérêt du peuple. De ce fait, il doit rendre des comptes au peuple et être à l’écoute du peuple.

Pour cela, les parlementaires doivent avoir des permanences où ils doivent recevoir les doléances, les observations, les critiques, les propositions du peuple etc… Combien de députés dans notre pays ont une permanence où ils reçoivent les populations de leur circonscription ? Combien de députés se battent pour proposer de lois (proposition de lois) émanant des populations ? Combien de députés vont rencontrer les populations pour leur expliquer les différentes lois qui sont votées à l’Assemblée nationale ?

De manière générale, vue la faiblesse ou l’absence d’opposition dans nos parlements africains, l’exécutif impose sans difficultés majeures des projets de lois qui sont adoptés et promulgués sans débat. Si le groupe parlementaire, « La voix du peuple », présidé par Yasmina Ouégnin joue effectivement et réellement son « rôle d’interface entre le peuple et l’exécutif », cela pourrait lui donner une véritable légitimité et une stature de « chef de l’opposition ».

Elle jouit depuis sa réélection d’une très grande popularité qu’elle peut renforcer et développer par des actions fortes et médiatiques, en s’opposant à certains projets de lois de l’exécutif. Vue l’absence de l’opposition dans notre pays, elle peut saisir cette opportunité pour se positionner. Elle peut aussi fédérer les nombreux déçus du Rdr et du Pdci et même les militants et sympathisants des deux Fpi pour asseoir une véritable base électorale. Avec le temps, les expériences acquises et les soutiens qu’engendreront toutes ses actions en faveur de la démocratie et des populations, une éventuelle candidature à l’élection présidentielle en 2020, pourrait être accueillie par les populations, comme naturelle.

C’est aussi une femme, jeune et déterminée et cela peut changer la donne dans un espace, traditionnellement dominé par les hommes. L’élection présidentielle ivoirienne de 2020, s’annonce déjà avec beaucoup d’incertitudes. Sa candidature pourrait alors séduire tous ceux qui seront opposés à ces « barrons » de la politique ivoirienne qui s’affronteront frontalement et sans état d’âme. Pour cela, elle peut s’appuyer sur la société civile et les déçus des différents partis politiques pour faire la différence et s’imposer face à tous ces « prédateurs », qui sont prêts à tout pour accéder au pouvoir suprême dans notre pays.

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